Crise des subprimes et Relativité économique
L'essentiel sur la crise des "subprimes" L'impact des subprimes sur les systèmes économiques, financiers et géostratégiques mondiaux
Une crise pas comme les autres Par Jean de Dieu MOSSINGUE SOMMAIRE Remerciements Image représentative de l'évolution de la crise
C'est la plus grave crise que le monde ait connu depuis la Grande Dépression des années 1930. Une crise d'une nouvelle nature liée à l'émergence d'une forme de financement bien spécifique : la titrisation, qui est une technique financière consistant à transférer à des investisseurs des créances - hypothécaires américaines en l'occurrence - en les transformant en titres financiers émis sur le marché des capitaux pouvant être acquis par n'importe quel investisseur à travers le monde. Elle a abouti à un séisme tsunamique qui se différencie de la grande crise de la dette des pays émergents des années 1980 par le seul fait de ce mode de financement. Du fait de la dissémination internationale des crédits immobiliers américains à haut risque - « subprime » -, il paraît impossible de rassembler autour d'une même table les créanciers pour renégocier un échéancier des intérêts et du principal (source : lesechos). Présentation La finance mondiale est entrée dans une nouvelle phase de son histoire, plus rien ne sera comme avant. La crise des subprimes est l'éclatement d'une gigantesque bulle du crédit, gonflée par des taux d'intérêt bas et surtout par des produits dérivés innovants, évalués pour les dérivés crédits à 26 000 milliards de dollars selon lexpansion.com. A partir de la fin des années 80, Wall Street a trouvé des moyens de transformer les crédits immobiliers en titres à vendre aux investisseurs, qui ont été attirés par le rendement de ces nouveaux produits financiers. Des rendements alléchants autour de 30% et une croissance exponentielle, ont occasionné la cessité des investisseurs qui n'ont pas vu venir l'énorme vague entrainée par une force invisible, le "tsunami financier" ©. Une vague tellement haute que la main invisible d'Adam Smith pourtant si nécessaire, n'a pas su comment l'anticiper. De cette manière, sans prêter attention, la galaxie financière a fait entrer l'univers économique et financier dans un hyper trou noir. Comment faut-il procéder pour en sortir ?
Le quotidien libération fournit une explication synthétique du cheminement de la crise des subprimes et de ses conséquences. Avec retard, l'économie réelle a été sérieusement contaminée et ses bases ont été profondément entamées. Dans un article intitulé "la révolution dérivée" écrit par Christian Marazzi, qui vantait les mérites des produits dérivés innovants, en montrant la différence qui existe entre valeur notionnelle ou monétaire des produits dérivés échangés journellement sur les marchés, et valeur liquide (replacement cost) des mêmes contrats, et mis en ligne en mai 2000, la valeur notionnelle des produits dérivés était déjà de 40,7 mille milliards de dollars, et, seulement 1,7 était réellement versé à l’échéance, soit 4,3 % du volume total des titres négociés. Sur les 40,7 mille milliards de dollars de produits dérivés échangés en 1995, 65,4 % concernaient des contrats de taux d’intérêt dans la même monnaie, 32,3 % étaient des contrats de taux de change, 1,5 % seulement des actions, et 0,8 % sur marchandises. Sur la somme totale des contrats de taux d’intérêt et taux de change, 55 % des transactions impliquaient des contreparties étrangères, d'où une globalisation intense de ces marchés. Les archives des Echos fournissent d'autres chiffres ou les complètent. En effet, le quotidien relate que la valeur notionnelle des produits dérivés en circulation, c'est-à-dire leur valeur faciale (tout à fait théorique), avait dépassé les 280.000 milliards de dollars en juin 2006, selon les données fournies par l'International Swaps and Derivatives Association (ISDA). L'explosion de leur valeur notionnelle a été multipliée par environ cinq depuis 2000, ce qui déjà à l'époque inquiètait certains observateurs, soucieux en particulier des risques systémiques sur les dérivés de crédit. Et ce, même si les marchés avaient depuis le 11 Septembre 2001, bien résisté aux chocs qu'ils ont subi, le dernier en date était les pertes du fonds spéculatif Amaranth Advisors, à qui tous les gestionnaires désiraient confier leurs capitaux, et qui s’était écroulé en septembre 2006, effaçant six milliards de dollars d'un trait de plume détonant, 65% de la valorisation des fonds Amaranth International et Amaranth Partners s'était évaporée en moins d’un mois, pourtant l'outrance de la perte n'inquiéta pas la planète finance, ni ne rameuta le ban et l'arrière-ban des autorités régulatrice. Les dérivés de crédit affichaient la plus forte croissance avec un doublement chaque année, leur valeur notionnelle était estimée à 26.000 milliards (ceux dont parle lexpansion.com), et la proportion des transactions confirmées sur une plate-forme électronique avaient doublé de 80 %. Les dérivés d'actions représentaient en 2006, encore une faible part de l'ensemble, avec une valeur notionnelle de 6.400 milliards (Les Echos n° 19762 du 29 Septembre 2006 • page 35). Les produits dérivés représentent l’essentiel de la masse monétaire, 630 000 milliards de dollars, c'est à dire 13 fois le PIB mondial. Les CDS (Credit default swap) qui sont au cœur de la tempête représentent 62 000 milliards de dollars dans le monde. Les CDS sont des contrats financiers entre acheteurs et vendeurs de protection. Il n’y a aucun fond pour garantir ces contrats et en cas de difficultés, le vendeur de protection est obligé de fournir de l’argent bien réel. Ces opération n’apparaissent pas dans le bilan des organismes financiers (on appelle cela une « exposition hors bilan ») et c’est pour cela que le pire est à venir ! L’OCC (Comptroller of the Currency, l’autorité de tutelle des banques a déclaré le 30 juin 2008 que les banques commerciales US possédaient 182 100 milliards de dollars de produits dérivés. Son dernier rapport (30 septembre 2008) précise que JP Morgan Chase détiendrait 43 000 milliards de dollars en produits dérivés et Citigroup 17 500 milliards soit plus que le PIB mondial. Les sommes en jeu sont colossales et, pour rappel, les entreprises sont interconnectées à l’aide de CDS pour un montant de 62 000 milliards de dollars. (alterinfo.net du 30/11/08). La crise des subprimes, muée en crise économique et financière globale, semble ne pas être une surprise pour les professionnels de la finance. C'est pourquoi au regard de l'ampleur des effets directs ou collatéraux et de l'absence de réalisme, d'objectivité et de subjectivité anticipative, de veille, d'intelligence économique, de communication et de stratégie anticipante sérieuses, nous avons été aménés à nous poser un certain nombre de questions. Que pouvaient-elles faire ? Principales instances mondiales de régulation
Source : lesechos Etait-il possible d’anticiper la crise des subprimes ? Existerait-t-il d’autres "tsunamis" du genre susceptibles d’entamer les fondations du système ou de mettre à mal les acteurs concernés ? Dans l’affirmative quels remèdes faut-il pour s’en prémunir ? Les Banques centrales joueront-elles toujours le rôle de "pompiers" en dernier ressort pour les acteurs financiers (banques, fonds d'investissements, hedge funds, assurances...) ? Quelles auraient été les conséquences sur le système global d'une contagion généralisée ?
Malgré tout une récession peut -elle pointer à l'horizon (effet domino)? Quel est l'impact sur les entreprises, les autres organisations ou les particuliers ? Le saviez-vous ? Aux Etats-Unis, le déficit public a atteint 9 500 milliards de dollars (lemonde.fr du 14/07/08), 8% du PNB américain (1000 milliards de dollars) vient d’emprunts, ce qui représente les deux tiers de toutes les liquidités disponibles (alterinfo.net du 05/08/08), de nombreuses branches industrielles souffrent, comme les banques, qui ont été très imprudentes, l'immobilier, la construction, etc. La croissance ralentit, le chômage grimpe et l'inflation resurgit. Les cours du pétrole ont atteint des niveaux records, le dollar est en chute libre et le marché du crédit immobilier est en pleine déliquescence. La première économie mondiale court le risque d'entrer en récession et d'entraîner dans sa chute ses partenaires commerciaux, l'Europe et l'Asie. Les craintes d’un scénario alliant croissance faible et forte inflation pèsent sur les Bourses mondiales.
L'inflation n'est plus un épouvantail, elle constitue une menace réelle puisqu'elle a atteint 5 % en juin 2008 en rythme annuel aux Etats-Unis, son plus haut niveau depuis 1991, et qu'elle frise les 4 % dans la zone euro. Pour les marchés financiers, la menace inflationniste est la mère de tous les maux. Elle est tout d'abord directement responsable de la hausse des taux d'intérêt à court et long terme, ce qui a pour effet de renchérir le coût du crédit pour les entreprises et les particuliers, pesant sur le niveau d'activité économique en limitant le pouvoir d'achat des ménages et l'investissement. Elle conduit aussi à une concurrence frontale entre les placements obligataires qui offrent des rémunérations de plus en plus attrayantes et les actions pour lesquelles les investisseurs attendent des rendements toujours plus élevés. Comme les capacités de distribution de dividendes sont limitées, voire orientées à la baisse en période de crise, l'ajustement se fait par une baisse du cours de Bourse. L'inflation provoquée par la hausse des coûts de production en raison de l'envolée du prix des matières premières et des tensions qu'elle créée au niveau des salaires, pèse aussi sur les marges des entreprises. Leurs perspectives bénéficiaires s'en trouvent dégradées et les niveaux de valorisation sont revus à la baisse. L'engrenage est redoutable, surtout s'il conduit à la stagflation, combinant hausse des prix et ralentissement de l'activité (source : jdf.com). Indicateurs représentatifs du climat économique et financier mondial
Depuis le début de la crise, les indices boursiers en général ont beaucoup chuté partout dans le monde, le moral des ménages aussi.
Le déficit commercial des Etats-Unis a légèrement reflué en mai, la faiblesse du dollar a permis à la première puissance économique mondiale de réduire un peu le déséquilibre de ses échanges avec plusieurs grands partenaires comme l'Union européenne, le Japon et le Canada. L’économie américaine a perdu 63.000 emplois non agricoles en février, sa plus mauvaise performance depuis mars 2003. Le marché du travail affiche sa deuxième perte mensuelle consécutive. Le consensus Reuters tablait sur 25.000 créations de postes, d'autres analystes s'attendaient à 100.000 créations de postes nettes. Le solde de janvier a été révisé de –17.000 à –22.000 et celui de décembre de 82.000 à 41.000. Le secteur privé, a détruit un total de 101.000 postes en février, la plus forte baisse depuis mars 2003, seul le secteur public a réussi à créer 38.000 postes de professeurs, de pompiers ou d'infirmières. Le taux de chômage diminue de 0,1 point à 4,8% de la population active, alors que le marché avait anticipé 5%. Les secteurs les plus touchés sont, la construction dont la main d'oeuvre a été réduite de 39.000 postes sur les huit derniers mois et le secteur de la distribution qui a détruit 34.100 jobs, le recul le plus élevé sur cinq ans. Sur les deux premiers mois de 2008, les entreprises financières américaines se sont séparées à elles seules de 20.000 employés, selon des chiffres du cabinet spécialisé Challenger, Gray & Christmas. En outre, le département du Travail américain a fait état vendredi 04 avril 2008, de 80.000 suppressions d'emplois nettes le mois de mars 2008, la plus forte dégradation observée depuis cinq ans. Ces pertes d'emplois s'ajoutent aux 152.000 sur les deux mois précédents. Le taux de chômage est parallèlement monté de 4,8% à 5,1%, son plus haut niveau depuis septembre 2005. La Réserve fédérale américaine a déjà abaissé ses taux d'intérêt de trois points depuis la mi-septembre pour ramener le principal d'entre eux de 5,25% à 2,25% afin de soutenir l'activité économique, l'emploi manufacturier a perdu 48.000 postes en mars, la plus forte baisse depuis juillet 2003, dont 24.000 dans l'automobile. Les effectifs de la construction ont diminué de 51.000, le neuvième mois consécutif de baisse pour le secteur. Le secteur des services aux entreprises a supprimé 35.000 emplois en mars 2008, pour la plupart dans le domaine du travail temporaire, le commerce de détail en a supprimé 12 000 (latribune.fr, challenges.fr, lemonde.fr du 04/04/08, investir.fr, latribune.fr du 07/03/08, actualite.free.fr du 18/03/08, alternative economique d'avril 2008). Evolution de l'emploi de février 1998 à février 2008 aux Etats-Unis
On constate qu'après une embellie entre 1998 et 2000, l'emploi s'est dégradé à partir de septembre 2000, pour se redresser courant juillet 2003 et fléchir à nouveau de façon inquiétante en août 2007. Evolution de la balance commerciale des Etats-Unis depuis 1990
Source : US Bureau of Economic Analysis et US Bureau of Labour & Statistics. (Contreinfo.info). La croissance américaine au quatrième trimestre 2007 a été de 0,6% (en rythme annuel), revenant à son niveau du premier trimestre, qui était le plus faible depuis la fin 2002. Malgré une augmentation de son PIB de 4,9% au troisième trimestre, la croissance sur l'ensemble de l'année 2007 a été de 2,2%, contre 2,9% en 2006, le rythme le plus faible depuis 2002. La consommation des ménages a augmenté de 1,9% au lieu de 2% attendu par les spécialistes, après une progression de 2,8% au troisième trimestre. L'investissement dans la pierre a chuté de 25,2% au lieu de 23,9% estimés précédemment, la baisse la plus forte enregistrée depuis 1981. Les investissements des entreprises n'ont progressé que de 6,9% (au lieu de 7,5%), leurs stocks ont fondu comme neige (-10,1 milliards de dollars, ce qui a retiré l'équivalent de 1,49 point au PIB). Seule la balance commerciale a fait mieux que prévu, avec des exportations en hausse de 4,8% et des importations en recul de 1,9%. L'indice des prix liés aux dépenses de consommation (PCE) a progressé de 4,1% (au lieu de 3,9%), et l'indice PCE de base (hors alimentation et énergie) a augmenté de 2,7%. L'indice de base est à son niveau le plus haut depuis le deuxième trimestre 2006, et dépasse largement la fourchette de tolérance de la Fed qui est comprise entre 1 et 2% (latribune.fr du 28/02/08). Selon Reuters, la banque Merrill Lynch estime que la recession qui semble s'annoncer aux Etats-unis pourrait être plus dure que celle de 2001 et se rapprocher, par son ampleur, de celle des années 1990. En se référant aux antécédents américains, on constate que pendant le choc pétrolier de 1973-75, le PIB américain avait reculé de 3,1%, entre 1981-82, la croissance américaine fut négative (-2,9%) et les dernières récessions furent celles 1990-91 avec -1,3% et -0,3% en 2001 (latribune.fr du 22/03/08). L'activité de l'industrie manufacturière dans la région de Philadelphie ayant ralenti, l'indice d'activité de la Banque fédérale de Philadelphie, un indicateur très suivi de l'activité manufacturière, est tombé à -24 en février alors que le marché l'attendait à -11 seulement, ce qui traduit une contraction de l'activité. L'indice des perspectives à six mois a également chuté à -16,9, contre +39,6 en octobre 2007 (usinenouvelle.com du 22/02/08). Merrill Lynch a d'ailleurs porté plainte contre XL Capital Assurance Inc pour l'obliger à honorer ses obligations contractuelles en matière de CDS (Credit default swaps), des contrats d'assurance contre le risque de défaut. XL Capital Assurance a garanti environ 3,1 milliards de dollars de CDO de Merrill avec CDS, selon le texte de la plainte. Cette affaire inquiète les investisseurs qui pensent que l'exposition de la banque pourrait être plus importante qu'on ne l'imaginait, et ses garanties sur les CDO moins solides que prévu (actualite.free.fr, lemonde.fr du 19/03/08). Une étude publiée vendredi 29 février 2008 par UBS, estime que "l'économie va subir plus de dégâts que ce qui était jusqu'à présent admis". Le montant de la facture des "subprimes" pourrait monter jusqu'à 600 milliards de dollars, qui est la somme des pertes que devraient provoquer les crédits immobiliers à risque. Sur l'ensemble de ces pertes, "seulement'' 350 milliards de dollars seraient imputées aux banques et aux courtiers". Jusqu'à présent, le secteur financier (banques et courtiers) a enregistré des dépréciations d'actifs d'environ 160 milliards, (challenges.fr, latribune.fr du 29/02/08). Le milliardaire Warren Buffett estime lundi 03/03/08 lors d'un entretien accordé à la chaîne d'information financière CNBC, qu'en "prenant une définition basée sur le bon sens", les Etats-Unis sont "en récession". Contre cet avis, Patrick de Faguier directeur adjoint de la stratégie du Crédit Agricole Asset Management (CAAM), soutient qu'il n'y aura pas de récession aux Etats-Unis, ni un fort ralentissement de la croissance mondiale en 2008. Car selon lui, malgré deux trimestres consécutifs de croissance négative, la récession sera évitée. L'économie mondiale restera bien orientée grâce à l'existence d'"absorbeurs de chocs" engendrés par le dynamisme des économies des pays émergents, en phase d'autonomisation par rapport aux pays développés ; la solidité des entreprises industrielles, due à un ratio des bénéfices par rapport au PIB élevé ; et aux liquidités abondantes en provenance des énormes surplus financiers dégagés par les pays émergents. En vérité, l'économie américaine tangue et a besoin d'une ancre pour se stabiliser, l'indice de confiance du consommateur Reuters-Université du Michigan est tombé en février 2008 à son plus bas niveau depuis 16 ans, à 69,6, un niveau qui s'apprente à celui des années des récessions du milieu des années 1970, du début des années 1980 et du début des années 1990. L'activité manufacturière dans la région de New York a reculé pour le quatrième mois consécutif en février 2008, tombant à son plus bas niveau depuis avril 2003, selon les chiffres de l'indice "Empire State". L'indice des conditions générales d'activité est ressorti à -11,72 en février 2008 contre 9,03 en janvier (confirmé), la plus forte baisse d'un mois sur l'autre jamais enregistrée. L'indice d'activité "Empire State" a subi la plus forte baisse en un mois de son histoire, tombant à -11,72 soit son plus bas niveau depuis avril 2003. Le taux d'utilisation des capacités de production manufacturière a reculé en janvier à 79,7%, revenant ainsi sous son niveau moyen des 35 dernières années qui ressort à 79,8%. La production industrielle globale, incluant aussi le secteur minier, l'énergie et les services aux collectivités est utilisée à 81,5%, en hausse de 0,1% en janvier 2008. Résurgence de l'inflation: les prix à l'importation ont augmenté de 1,7% entre décembre et janvier, en raison notamment de l'envolée des cours du pétrole et des produits alimentaires, ceux à l'exportation ont varié de 1,2%. En rythme annuel, la hausse des prix à l'importation atteint 13,7%, la plus forte progression enregistrée depuis 1982. Une croissance ralentie conjuguée à l'accélération de l'inflation conduit à la "stagflation", s'agit-il de ce cas de figure ? Les entrées nettes globales de capitaux aux Etats-Unis ont chuté à 60,4 milliards de dollars en décembre 2007, contre un montant révisé à 150,8 milliards le mois précédent. Le déficit commercial américain a atteint 58,76 milliards de dollars en décembre 2007. Les entrées nettes de capitaux à long terme ont été réduites à 56,5 milliards en décembre 2007, contre 90,9 milliards en novembre. Les achats d'emprunts du Trésor ont fortement baissé, à 1,44 milliard de dollars contre 23,54 milliards en novembre 2007 et 49,83 milliards en octobre (actualite.free.fr, latribune.fr du 15/02/08, actualite.free.fr du 18/02/08). Evolution des prix des matières premières en 2007
Le prix des matières premières comme les métaux, les combustibles ou l'alimentation ont été en nette augmentation depuis début 2007. Les prix du pétrole et du blé ont subi une hausse avoisinant les 2/3, celui du plomb a plus que doublé aux Etats-Unis, et celui du plomb s'est envolé à 26% (autre source : lemonde.fr). L'indice S & P des matières premières est en hausse de 74 % sur les douze derniers mois. Le prix du minerai de fer a augmenté de 90 %. Les coûts de production ont progressé de 10 % à 15 % par an, largement en dessous des 31 % en moyenne de l'indice des matières premières des cinq dernières années. Les fonds investis dans des actifs sont passés de 70 à 220 milliards de dollars en trois ans. Or le prix du minerai de fer se négocie par des contrats à long terme entre sidérurgistes et groupes miniers. Les acheteurs industriels et les investisseurs ayant la capacité de payer, ont fait que les cours montent jusqu'à ce que suffisamment d'acheteurs laissent tomber (lemonde.fr du 16/07/08). Malgré la bonne tenue des prix du pétrole et des minerais, les grands de la mine et de l’énergie subissent une sévère correction boursière. BHP Billiton a vu sa capitalisation boursière perdre 27,2% de sa valeur pour retomber à 199,42 milliards de dollars. Une baisse moindre cependant que ses concurrents immédiats, le brésilien Vale (-30,4% à 150,53 milliards) et l’autre australo-britannique, Rio Tinto (144,27 milliards). Certains grands mineurs diversifiés comme le britannique Anglo American et l’anglo-suisse Xstrata résistent un peu mieux, perdant respectivement 26,3% et 20,5% de leur valeur la plus élevée. Mais le producteur de charbon chinois Shenhua, qui s’était immiscé parmi les grands à la faveur d’une introduction partielle de son capital, toujours contrôlé majoritairement par l’Etat, plonge de 65,4% à 77,37 milliards de dollars. Globalement, a calculé Barry Sergeant, de Mineweb, la capitalisation combinée des 20 plus grosses sociétés minières a reculé de 26,2%, entrainant un recul de 542 milliards de dollars pour ne plus valoir « que » 1 224,2 milliards. La chute a été plus rude pour les valeurs pétrolières. Les 20 plus importantes sociétés cotées de ce secteur ont perdu 846 milliards de dollars, soit en pourcentage 23,1%, légèrement moins que les minières. Le numéro un de l’énergie, Exxon Mobil résiste particulièrement bien n’enregistrant que 16,9% de recul. Entrainés par la chute de la bourse de Shanghai, les sociétés pétrolières chinoises perdent toutefois la moitié de leur capitalisation, PetroChina voit 53,1% de sa valeur s’envoler en fumée alors que Sinopec ne fait guère mieux avec une perte de 47,9%. Les producteurs de zinc ou de nickel ont subi de fortes corrections en raison de la chute des cours, mais les pétroliers ont vu également leur valeur boursière s'effriter malgré l’envol des cours du pétrole. La raison est que la hausse des prix de l’énergie et des métaux impacte lourdement les coûts de production des producteurs de matières premières. Ces derniers ont également été rattrapés par les conséquences de la crise du crédit qui a sensiblement renchéri les coûts des investissements dans les nouveaux projets (usinenouvelle.com du 17/07/08). Aux Etats-Unis, les prix à la consommation ont augmenté, la construction montre de nouveaux signes de faiblesse, l'inflation en rythme annuel a atteint 4,3% en janvier 2008, après 4,1% en décembre, selon les statistiques publiées le 20 février 2008 par le département du Travail. Les prix de détail ont augmenté de 0,4%, d'un mois sur l'autre. La hausse des prix des produits alimentaires (+0,7% après +0,1% en décembre) s'est accélérée. L'inflation de base, qui exclut l'alimentation et l'énergie s'est aussi accélérée, atteignant 2,5% en janvier contre 2,4% le mois précédent et s'éloigne un peu plus du seuil de 2% considéré comme le plafond de la zone jugée confortable par la FED. Le département du Commerce a fait état d'une baisse de 3% en janvier du nombre de permis de construire délivrés, tombé à son plus bas niveau depuis plus de 16 ans. Publié lundi 03/03/08, l'indice d'activité du secteur industriel aux Etats-Unis, calculé par le groupement national des directeurs d'achats des entreprises du secteur (ISM), a baissé à 48,3 points en février 2008, contre 50,7 points en janvier, il était attendu à 48. Cette réduction traduit un ralentissement de l'activité dans le secteur manufacturier, car un indice en dessous de 50 indique une contraction de la production. Le département du commerce américain a également annoncé le même jour, un recul de 1,7% entre décembre 2007 et janvier 2008, des dépenses de construction aux Etats-Unis (latribune.fr). D'après Kevin Flanagan, stratège obligataire de Morgan Stanley, la courbe de l'inflation de base s'est élevée, les permis de construire, sont revenus à 1,048 million en rythme annualisé, leur niveau le plus bas depuis les 984.000 enregistrés en novembre 1991. Les mises en chantier de logements, ont atteint 1,012 million en rythme annualisé en légère hausse par rapport à décembre (1,004 million), qui marquait le rythme le plus bas depuis mai 1991. Les demandes de prêts baissent à cause de la hausse du coût des crédits immobiliers (lemonde.fr du 20/02/08)... La crise était prévisible
L'immobier américain s'est affaissé brutalement depuis 2006, après une longue période d'euphorie, commencée un peu avant 1991. Pourtant dès la fin de l'année 2006, les premiers signes d'un ralentissement de l'immobilier aux Etats-Unis se sont manifestés, mais les investisseurs qui raffolaient de ce type de produits offrant des rendements élevés en rapport avec le risque pris, n'en ont pas tenu compte. Ils ont eu un excès de confiance, un manque de transparence et un manque de rigueur dans les pratiques. Les régulateurs de cinq pays ont publié le 11/03/08, une étude sur les pratiques de gestion des risques de onze banques. Selon eux, les pertes subies étaient surtout la conséquence d'erreurs de débutant commises par les dirigeants. Les banques qui ont su tirer profit (retour d'expérience) des leçons des crises liées aux junk bonds (obligations pourries) et la bulle Internet ont été capables d'identifier la montée des périls dès 2006. Elles ont pour cela surpassé les modèles dépassés et statiques usuellement utilisées et ont été capables de mesurer le risque de liquidité et de casser les barrières bureaucratiques qui empêchent les mauvaises nouvelles de remonter au sommet. Leur étude a touché un des noeuds du problème, car le rehausseur de crédit américain FGIC a déposé une plainte auprès d'un tribunal de New York contre la banque allemande IKB, pour lui avoir fourni des informations erronnées qui l'ont amené à passer d'importantes provisions d'un montant de 1,9 milliard de dollars liées à un véhicule d'investissement. Cette somme provisionnelle a impacté son résultat et le niveau de ses fonds propres réglementaires, ce qui aurait influencé la décision des trois principales agences de notation financière (Standard and Poor's, Moody's et Fitch) d'abaisser sa note en-dessous du "triple A". Or la note est un élément fondamental pour l'image des rehausseurs de crédit, dont l'activité en dépend. Cette situation démontre l'importance de la maîtrise de l'information stratégique et concurrentielle et de la veille par les entités, elle est la matière première de la décision et se trouve au centre nerveux de la "bataille" économique et financière qu'elles se livrent (lemonde.fr, challenges.fr du 11/03/08). En outre, plusieurs témoignages épinglent le manque de prudence de la direction de Freddie Mac dont Richard "Dick" Syron, PDG du géant américain du refinancement hypothécaire. Ce dernier a choisi d'ignorer les mises en garde formulées par ses équipes sur la politique d'achats de prêts par l'établissement, rapporte mardi 5 août le New York Times. Dans un entretien au quotidien, David Andrukonis, l'ancien responsable de la gestion des risques, affirme ainsi avoir averti le P-DG de Freddie Mac, et ce dès 2004. Il lui aurait expliqué que l'établissement achetait des prêts à risque "qui présentaient un risque énorme sur les plans de l'image et de la situation financière de la société du pays". Le New York Times cite également d'autres témoignages, en tout près d'une vingtaine, émanant de dirigeants, d'analystes, d'actionnaires et de régulateurs, qui affirment tous que Richard Syron a passé outre les appels à la prudence."Il a dit que nous ne pouvions pas nous permettre de dire 'non' à qui que ce soit", a ainsi rapporté David Andrukonis (challenges.fr du 05/08/08).
Les ventes des maisons nouvelles et existantes ont commencé à chuté depuis 2005, après une réelle euphorie dans le secteur de l'immobilier, ayant atteint un pic de 8,5 millions de maisons vendues cette dernière année faste, pour ensuite chuter vertigineusement. Un scrutage sérieux de l'information aurait soulevé des interrogations, voire des réticences (source : jdf.com). L'Intelligence Economique, Stratégique et Compétitive au centre de la bataille économique et financière des entités Un juge fédéral a déclaré lundi 3 novembre 2008 que les actionnaires d'AIG (American International Group) avaient perdu plus de 500 millions de dollars (395,4 millions d'euros) du fait d'une fraude comptable destinée à dissimuler la véritable situation financière de l'ex-numéro Un mondial de l'assurance. L'avis rendu vendredi 31 octobre 2008 par le juge Christopher Droney signifie que cinq anciens dirigeants reconnus coupables de fraude comptable en février risquent jusqu'à la prison à perpétuité. L'expert cité par les procureurs estime que la fraude a coûté 1,2 à 1,4 milliard de dollars aux actionnaires d'AIG. Selon un calcul effectué avec une autre méthode, la perte se monte à 544 à 597 millions de dollars. Le magistrat a retenu la fourchette basse, bien que la défense conteste toute perte pour les actionnaires. La fraude aurait floué plus de 250 investisseurs. On ignore quand la sentence sera prononcée. AIG a été sauvé et nationalisé de fait en septembre grâce à un prêt relais de 85 milliards de dollars de la Banque fédérale américaine, avant d'obtenir un accord pour 37,8 milliards de dollars supplémentaires. (fr.news.yahoo.com du 04/11/08). L'autorité américaine de régulation des marchés boursiers, la Securities and Exchange Commission (SEC), a annoncé mercredi 3 septembre 2008 avoir engagé des poursuites contre deux courtiers de Wall Street. Le gendarme boursier les accuse d'avoir escroqué des clients pour plus de 1 milliard de dollars alors qu'ils travaillaient pour Credit Suisse. Julian Tzolov et Eric Butler auraient induit en erreur leurs clients en leur faisant croire que leurs placements étaient un investissement "liquide et sans risque". Au lieu de cela, les titres de placement souscrits par les deux courtiers étaient adossés à des "subprime mortgage", des emprunts immobiliers à hauts risques et autres CDO ("collateralized debt obligation"), ainsi qu'à des prêts non garantis. Là où les clients cherchaient un investissement sûr (notamment des titres adossés à des prêts garantis par l'Etat, comme les prêts étudiants), les courtiers leur ont fait acheter des placements plus risqués. Et ces derniers n'ont pas hésité à fausser les références envoyées à leur clients, en gommant les termes "CDO" et "mortgage". L'objectif des deux courtiers était d'abuser de la crédulité de leurs clients pour obtenir illégalement, sur ces placements liés aux "subprime", des commissions beaucoup plus élevées. Avec l'éclatement de la crise, les clients ont perdu tout leur argent (latribune.fr, lesechos.fr du 02/09/08). UBS dans la tourmente. Après la crise des "subprime", elle est aujourd'hui mise en cause, avec la banque LGT, dans une affaire de fraude fiscale qui pourrait atteindre 100 milliards de dollars. La justice américaine lui réclame également 25 milliards de dollars pour avoir trompé des milliers d'investisseurs américains. Andrew Cuomo, réclame Vingt-cinq milliards de dollars, et a déposé un recours contre la banque suisse, l'accusant d'avoir trompé des milliers d'investisseurs américains. Il réclame la restitution à ces derniers de 25 milliards de dollars. Andrew Cuomo reproche à UBS d'avoir présenté, "de manière erronée", à ses clients des produits financiers appelés ARS ("auction-rate securities") comme un placement dont ils pouvaient se désengager facilement s'ils souhaitaient récupérer leurs fonds. Selon le ministère de la Justice de l'Etat de New York, 50.000 clients sont concernés, dont 7.000 New-yorkais. Les ARS sont des obligations à taux variable fixé par enchères ("auction-rate securities"), marché de plusieurs centaines de milliards de dollars, en grande difficulté depuis le début de l'année. Le taux d'intérêt de ces obligations est réactualisé sur un rythme hebdomadaire ou mensuel par le biais d'un mécanisme d'enchères. A chaque enchère, l'investisseur qui détient ces obligations peut s'en défaire, les cédant à un autre, ce qui les rend théoriquement très "liquides" ou faciles à vendre. Mais la propagation de la crise financière a bloqué le mécanisme d'enchères courant février, le volume des offres diminuant de manière importante. Le dysfonctionnement a alors empêché les investisseurs de revendre leurs obligations. D'après Andrew Cuomo, "Aujourd'hui, les clients d'UBS se trouvent détenteurs de 25 milliards de dollars de titres illiquides de long terme, résultat de la conduite illégale et de la présentation frauduleuse de UBS". L'autorité de régulation des marchés du Massachusetts a déjà déposé, fin juin 2008, un recours en justice contre UBS, l'accusant d'avoir trompé les investisseurs en décrivant les caractéristiques de ces obligations et en se rendant coupable de conflit d'intérêts. Andrew Cuomo a précisé que son recours était différent de celui du régulateur du Massachusetts, dans la mesure où il n'est pas limité par une juridiction et peut demander la restitution de fonds au nom de tous les clients américains de UBS détenteurs de ces obligations. UBS a annoncé, le 16 juillet 2008, qu'elle compte racheter jusqu'à 3,5 milliards de dollars (2,2 milliards d'euros) de ces obligations à ses clients aux Etats-Unis, pour répondre à l'illiquidité de ce marché. Mais UBS est également dans le collimateur du gouvernement américain pour une affaire cette fois de fraude fiscale. Selon les estimations, le coût de l'évasion fiscale s'élèverait à 100 milliards de dollars annuels pour les Etats-Unis. La justice américaine a en début de semaine autorisé le fisc à demander à UBS les noms de contribuables américains soupçonnés d'avoir mis leur argent à l'abri sur les comptes de l'établissement helvétique. Ces données étant confidentielles en raison du secret bancaire en Suisse, l'IRS (fisc américain) ne peut pas obliger directement UBS à révéler les noms de ses clients américains, mais doit transiter par les autorités helvétiques. Les autorités suisses sont les seules habilitées à lever le secret bancaire, si elles estiment que la fraude fiscale est avérée. Elles transmettront alors les informations à leurs homologues américains, en ayant préalablement informé les titulaires des comptes qui peuvent faire appel de cette décision. Le Sénat américain accuse la banque suisse UBS, première banque du pays, et sa consoeur du Liechtenstein LGT d'avoir aidé des riches clients américains à soustraire plusieurs milliards de dollars au fisc. Martin Liechti, responsable de la gestion de fortune aux Etats-Unis, retenu en Floride depuis plus de deux mois comme "Material Witness" (témoin matériel, littéralement) et de Mark Branson, directeur financier de l'activité de gestion de fortune et de banque d'affaires, deux dirigeants d'UBS ont été auditionnés par le Sénat, suite à l'affaire Birkenfeld. Déjà mi-juin, Bradley Birkenfeld, banquier américain et ancien collaborateur d'UBS, avait reconnu devant un juge fédéral de Floride, avoir aidé des clients à détourner des millions de dollars d'impôts. UBS aurait géré, en Suisse, 19 000 comptes de clients américains non déclarés à l'IRS, dont le solde se chiffre à 18 milliards de dollars (11,34 milliards d'euros). Le rapport affirme qu'"UBS a permis à ces clients de conserver des comptes en Suisse et les a aidés à réinvestir dans d'autres types d'actifs qui n'entrainaient pas d'obligation de déclaration au fisc américain, malgré les preuves que ces clients américains utilisaient ces comptes pour dissimuler des actifs au fisc américain". La banque a confirmé elle-même ces données aux enquêteurs américains, qui ont salué sa collaboration, mais Carl Levin a accusé la plus haute hiérarchie de la banque, ajoutant qu'"il est impossible que les principaux dirigeants n'aient pas été au courant de ces pratiques", le sénateur ayant basé ses accusations sur le nombre de voyages réalisés en douce par les employés d'UBS aux Etats-Unis ces dernières années (latribune.fr du 24/07/08). Le cas de la banque britannique HBOS, numéro un du marché des prêts immobiliers au Royaume-Uni est patant, un mystérieux trader a lancé de fausses rumeurs sur le Net, le 19 mars 2008, sur la présumée santé fragile de cette institution. Ces fausses informations ont permis à ce mystérieux fraudeur d'empocher la coquette somme de 100 millions de livres (128,39 millions d'euros), ce dernier ayant utilisé la technique du "trash and cash" (démolir et réaliser son gain). Cette technique consiste à emprunter à des fonds de pension des actions de sociétés jugées vulnérables pour les revendre. Pour que la technique fonctionne, on propage par la suite des rumeurs malveillantes afin de faire chuter le titre. Le produit de la cession est ensuite utilisé pour racheter de nouvelles actions au plus bas qui sont remises au fond de pension. La plus-value du trader est la différence de prix entre les actions empruntées et les nouvelles. Or depuis la défaillance de la banque américaine d'investissement Bear Stearns, les hedge funds et autres fonds spéculatifs se sont précipités comme des vautours sur les titres des banques britanniques fortement exposées à l'immobilier ou à l'endettement des ménages. La technique financière en question est tout à fait légale, mais, la propagation de fausses nouvelles en vue de manipuler les marchés est un délit, c'est la raison pour laquelle l'autorité de tutelle des marchés, la Financial Services Authority (FSA) a lancé une enquête criminelle pour identifier qui est l'heureux bénéficiaire de ce joli coup boursier en pleine crise des subprimes. Dans la City de Londres où exerce HBOS, le 20 mars 2008, le Crédit suisse a également révèlé des irrégularités, plusieurs de ses traders londoniens avaient caché des pertes de 1,4 milliard de livres sur des produits financiers complexes dans le but de préserver leurs primes de fin d'année. Les soupçons d'irrégularités pèsent donc sur la City avec la multiplication de ces failles, il faille y rémédier le plus rapidement en mettant en place des mesures de contrôles, de vérification et de surveillance (veille active) ou d'anticipation afin de minimiser les risques. L'intelligence économique, stratégique et concurrentielle est une arme redoutable contre les fraudeurs ou les malveillances que les organisations doivent savoir utiliser afin de parer à toute éventualité et contrer les nuisances (lemonde.fr du 21/03/08). Par ailleurs, le groupe STMicroelectronics a porté plainte contre le Credit Suisse pour lui avoir fait investir 450 millions de dollars en ARS en les qualifiant de produits sans risques. « Au moins une dizaine d'autres entreprises multinationales sont victimes du même scénario », affirme la plainte du groupe européen. Une douzaine d'États américains enquêtent sur le sujet, de même que le gendarme de la bourse américaine, la SEC. Le ministre de la Justice de l'État de New York, Andrew Cuomo, est le plus virulent (lefigaro.fr du 09/08/08). Un autre cas, celui de la banque américaine Lehman Brothers qui a été escroquée de 35,2 milliards de yens, soit 225 millions d'euros, au Japon, une escroquerie perpétrée avec la complicité présumée d'ex employés de la maison de commerce japonaise Marubeni. Il semble que la banque américaine Lehman Brothers soit tombée dans un piège sophistiqué tendu par un imposteur, à l'aide de faux documents confectionnés par deux employés de Marubeni. Selon les médias japonais, la fraude a pour origine une société, Asclepius, spécialisée dans le financement de projets dans le secteur de la santé. Le patron de cette société avait levé des fonds auprès de plusieurs investisseurs japonais et étrangers, dont Lehman Brothers, en prétendant que l'argent serait destiné à un projet de rénovation d'hôpitaux. Pour convaincre ces investisseurs, l'escroc présumé avait présenté des lettres de garantie de Marubeni qui sont des faux documents élaborés par les deux employés de la maison de commerce qui engageaient le groupe à rembourser les sommes levées et les intérêts en cas de défaut de paiement. L'imposteur et ses complices avaient poussé la perfection jusqu'à organiser une réunion d'information dans les locaux mêmes de Marubeni et ont fait miroiter aux investisseurs un rendement de 10% minimum. Asclepius a finalement fait faillite début mars 2008. Le pot aux roses a été découvert le 6 mars, lorsqu'un des investisseurs s'est inquiété de ne pas recevoir les intérêts promis et a déposé une réclamation auprès de Marubeni, s'apercevant au passage que les garanties données étaient fausses. En cette période de vache maigre une telle somme vaut de l'"or", ici l'intelligence et la veille stratégiques aurait pu déjouer le piège (lesechos.fr, fr.news.yahoo.com, boursorama.com, latribune.fr, afp.google.com du 31/03/08). Aux Etats-Unis, la justice américaine enquête depuis plusieurs mois, sur la banque Wachovia et d'autres établissements financiers américains, dans le cadre d'une affaire de blanchiment d'argent présumé, impliquant des bureaux de change mexicains et colombiens. Plusieurs banques, sont dans le collimateur d'enquêteurs fédéraux en raison des transactions financières qui les lient à ces bureaux de changes, soupçonnés de blanchir de l'argent issu du trafic de drogue. Le Wall Street Journal en ligne du samedi 26 avril 2008, affirme que Wachovia a annoncé coopérer pleinement avec les enquêteurs et serait en discussions avec le département de la Justice sur une réforme de son système de contrôle de la conformité des transactions, avec un possible règlement amiable à la clé. Le même jour, Wachovia par la voix de sa porte parole, Christy Phillips-Brown, a démenti ces informations dans les termes suivants : "la citation de l'article selon laquelle Wachovia serait en discussion pour un règlement à l'amiable n'est pas vraie". La porte-parole a refusé de confirmer ou de démentir l'existence d'une enquête en cours, en s'appuyant sur le fait que "la banque ne fait pas de commentaire sur des enquêtes en cours et n'a pas fait de commentaire comme le suggère l'article" du WSJ. Elle a ajouté que "Wachovia est engagée à maintenir un solide programme contre le blanchiment d'argent". Wachovia et d'autres banques américaines concernées ont commencé fin décembre 2007, à rompre les liens avec plusieurs bureaux de change mexicains. Des règlements amiables ont déjà permis de mettre fin à certaines enquêtes, selon le Wall Street Journal. Le quotidien affirme également que deux banques, Union Bank of California et American Express Bank International ont accepté de payer plusieurs millions de dollars d'amendes dans le cadre d'enquêtes sur du blanchiment d'argent. Les bureaux de change ont une forte activité, en raison des échanges financiers entre les immigrés latino-américains aux Etats-Unis et leur pays d'origine, environ 50 milliards de dollars seraient chaque année échangés via cette activité (boursorama.com du 26/04/08). Le FBI a estimé à un milliard de dollars le coût des fraudes au crédit immobilier aux Etats-Unis. Une opération du département américain de la Justice visant des fraudes au crédit qui ont contribué à la crise de l'immobilier dans le pays a permis d'inculper aux Etats-Unis, 406 professionnels de l'immobilier depuis mars, dont plusieurs dizaines cette semaine. Selon le FBI, les pertes pour les acquéreurs de logement et d'autres emprunteurs qui ont été victimes de l'escroquerie s'élèvent à plus d'un milliard de dollars (646 millions d'euros). Une fraude qui "représente une menace importante pour notre économie, la stabilité du marché immobilier et la sérénité de millions d'Américains", a commenté le vice-ministre de la Justice Mark Filip dans un communiqué publié jeudi 19 juin 2008. Depuis le 1er mars 2008, 1.406 personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'"Opération prêt malveillant". A Chicago, Miami et Houston, soixante ont été arrêtées uniquement pour la journée de mercredi 18 juin 2008. Les banques ont signalé près de 53.000 cas de fraude présumée au crédit immobilier en 2007, contre 37.000 en 2006 et environ dix fois moins en 2001 et 2002, selon le département du Trésor. Ces derniers mois, le FBI a enquêté sur un nombre estimé de 1.300 cas de fraude au crédit immobilier. Deux anciens gérants de fonds de Bear Stearns, Ralph Cioffi et Matthew Tannin, responsables de deux hedge funds dont la chute en 2007 a contribué à déclencher la crise internationale du crédit, ont également été arrêtés, et devraient être inculpés pour fraudes présumées sur des titres, dans le cadre d'une enquête fédérale, selon le FBI. D'après le Wall Street Journal, la procédure d'inculpation devrait évoquer un courrier électronique personnel envoyé par un gérant concerné au second et qui semble suggérer que ces fonds de Bear Stearns étaient en difficulté, plusieurs jours avant que l'un de ces gérants ne déclare aux investisseurs être confiant concernant les actifs. Les deux hommes sont accusés d'avoir sciemment trompé des investisseurs au printemps 2007, en les poussant à continuer à investir dans deux fonds qu'ils savaient au bord de l'effondrement. La faillite de ces deux fonds en juin 2007 a fait perdre 1,4 milliard de dollars aux investisseurs. Un e-mail de M. Tannin à M. Cioffi en avril est particulièrement édifiant: "le marché des +subprimes+ a l'air vraiment pourri... Si (nos modèles internes) ne sont même qu'A PEINE EXACTS, je pense que nous devrions clore les fonds dès maintenant. Car si (ce modèle) est correct l'ensemble du marché des subprime est fichu (...) Si les obligations à note AAA sont dégradées systématiquement, il n'y a aucun moyen pour nous de gagner de l'argent, jamais" (les majuscules étaient dans le texte original). L'enquête montre aussi que des carnets et ordinateurs des deux inculpés ont disparu, alors qu'ils avaient été réclamés par le régulateur boursier, la SEC, dans le cadre d'une enquête sur l'effondrement des deux fonds à l'été 2007. Le ministère et le FBI ont mené une enquête de 3 mois et demi une enquête baptisée "Opération Hypothèques Malhonnêtes", consacrée à la débâcle financière liée à ces crédits immobiliers accordés sans barguigner à des emprunteurs peu solvables, et aux multiples produits financiers qui y étaient adossés (fr.news.yahoo.com, easybourse.com, agence Bloomberg, lesechos.fr, boursorama.com, matin.qc.ca, usinenouvelle.com du 19/06/08). Autre problème, la banque américaine régionale M&T Bank a porté plainte contre Deutsche Bank, pour "fraude", après avoir perdu de l'argent dans un investissement financier. Le Wall Street Journal croit savoir mardi 17 juin que l'établissement dont le milliardaire Warren Buffet est actionnaire s'en prend également au gestionnaire de fonds HBK Investments dans cette plainte déposée devant un tribunal de New York. La banque a perdu 82 millions de dollars dans des titres financiers CDO (collateralized debt obligations), adossés à des crédits immobiliers à risque américains ("subprime"). Selon M&T Bank, Deutsche Bank a "caché des informations provenant des agences de notations concernant la qualité" de ce type de produit. M&T Bank est détenue à hauteur de 6,1% par l'homme le plus riche du monde, Warren Buffett (challenges.fr du 17/06/08). Par ailleurs, Bloomberg, citant deux sources proches d'un autre dossier a rapporté le 16 juillet 2008 que la Securities and Exchange Commission (SEC) a adressé des assignations à témoigner à plusieurs sociétés parmi lesquelles Deutsche Bank, Goldman Sachs et Merrill Lynch dans le cadre de ses investigations sur des soupçons de manipulation des cours de Lehman Brothers et Bear Stearns. L'autorité des marchés financiers américains veut saisir des relevés de transactions et des correspondances électroniques. Le Wall Street Journal, citant une source proche du dossier, avait annoncé le 15 juillet 2008 que la SEC a adressé des citations à plus de cinquante gestionnaires de hedge funds pour réunir des informations sur des ventes à découvert et des opérations sur options portant sur Bear Stearns et Lehman (fr.news.yahoo.com, challenges.fr du 16/07/08). La société de conseil aux actionnaires Deminor a écrit à l'Autorité des Marchés Financiers pour contester les conditions d'introduction en Bourse de Natixis par les Caisses d'Epargne et les Banques Populaires à l'automne 2006. "Deminor accuse les deux actionnaires bancaires de Natixis d'avoir procédé à une vente forcée de titres lors de son entrée sur le marché". Selon Deminor, les deux établissements auraient "mis en place une politique commerciale agressive auprès de leurs clients pour placer en ne prenant pas toujours les précautions d'usage (...) voire en attribuant des actions à des personnes qui ne souhaitaient pas souscrire ces titres". Le cabinet Déminor profite du fait que l'AMF procède actuellement à une enquête sur les procédés d'information et de communication liée à la crise des « subprimes » des banques Natixis, Crédit Agricole et Société Générale. Or Il y a un précédent, la Société Générale et la BNP Paribas avaient déjà été sanctionnées à l'automne 2007 par l'AMF pour avoir utilisé la technique du « forcing » auprès de leurs clients pour la vente des titres EDF. Après une forte chute des titres après l'introduction en Bouse, les deux banques ont remboursé leur client. Comme Deminor, l'Adam et l'Afub contestent aussi les conditions de la chute du cour de Natixis qui a de nouveau chuté le 21 juillet 2008, suite à deux séances de forte hausse à la Bourse de Paris dues à l'annonce de son augmentation de capital de 3,7 milliards d'euros. Il perdait 2,43% à 5,63 euros (fr.news.yahoo.com, lefigaro.fr, lemonde.fr du 22/07/08). Enfin, HSBC a égaré un CD de données contenant des informations personnelles sur plusieurs de ses clients. Le disque contient les noms, dates de naissance et niveaux de couverture d'assurance de 370.000 personnes ayant contracté auprès de la banque des polices d'assurance-vie. Le géant bancaire HSBC a néanmoins précisé que "le disque de données perdu par HSBC ne contient aucune adresse ou coordonnée bancaire de clients, et pourrait faire l'objet d'une utilisation très limitée, voire nulle, par des personnes mal intentionnées" et que les données étaient protégées par un mot de passe. Le CD en question a été envoyé début février par messagerie de la poste depuis Southampton, en Grande-Bretagne, et était destiné au réassureur Swiss Re. Habituellement, ce type d'information est transmis par ligne internet sécurisée mais le système ne fonctionnait pas le jour de l'expédition malencontreuse. Avant HSBC, Norwich Union Life, l'un des principaux assureurs-vie de Grande-Bretagne, a reçu une amende de 1,26 million de livres sterling en décembre dernier pour avoir exposé ses clients à un risque d'escroquerie. Les escrocs ont exploité des failles dans les systèmes de contrôle du groupe d'assurance, en se faisant passer au téléphone pour des clients et ont obtenu auprès des centres d'appel de Norwich des informations sensibles. Dans certains cas, les escrocs ont modifié les adresses et comptes bancaires des clients pour lesquels ils se sont fait passer, encaissant à leur place un total de 3,3 millions de livres de polices d'assurances. Les risques sont donc innombrables pour ses acteurs, pouvant se manifester à tout moment et faire mal si l'on y prend garde, MIESC Consulting s'insère donc dans ce dispositif et fait gagner du temps et de l'argent à ses interlocuteurs en anticipant les menaces et parfois même en les étouffant dans l'oeuf, afin de mieux les préserver de certains risques parmi lesquels, le risque de réputation, les risques technologiques, les risques de crédit, les risques de marché et de liquidités, la fraude aux moyens de paiement, les risques de blanchiment d'argent, le risque de perte des données, le risque de vol ou les risques macroéconomiques. Nous verrons avec l'affaire Kerviel que la question de la vigilance, de l'anticipation et des contrôles est au centre du dispositif des entités, et qu'elles ne devraient pas faire des économies malvenues sur ce chapitre si sensible (actualite.free.fr, usinenouvelle.com du 07/04/08)... Les prévisions étaient à portée de vue Ainsi, pour revenir à notre propos sur les subprimes, pendant la longue période des années fastes, la construction immobilière s'est accrue considérablement, la Réserve Fédérale avait décrété des taux d'intérêt moins élevés afin d'endiguer la crise de 2000-2001, ce qui a entrainé une surproduction et une augmentation des prix de l'immobilier et déclenché des spéculations sur le marché boursier.
Entre 2001 et 2004 le système s’est emballé, la bulle Immobilière a remplacé la bulle technologique, le prix du résidentiel va croître régulièrement, offrant aux ménages américains une nouvelle source de revenus, via les MEW (Mortgage Equity withdrawal) (Source : daily-bourse.fr). Au début de l'année 2007, les achats de nouveaux logements ont décru fortement en même temps qu'une forte hausse des défauts de paiement des ménages, dans le remboursement du crédit hypothécaire. Immobilier américain
Les Etats-Unis ont un patrimoine immobilier important, mais les méthodes de ventes et de spéculation ont passé outre les principes élémentaires de précaution et de bon sens.
Le subprime ou crédit à risque est un crédit qui est accordé aux ménages très modestes pour l’achat d’un bien immobilier. Sa caractéristique principale est que le taux d’intérêt dépend de la valeur de la maison. (William Thomas Cain/Getty Images) (lagrandeepoque.com). En 2006, 29% des prêts hypothécaires étaient à taux d'intérêt élevés (supérieur à 3% à celui des bons du Trésor de la même durée). Selon la newsletter Inside B & C Lending, entre 2003 et 2006, les subprimes avaient presque doublé passant de 332 milliards à 640 milliards de dollars. De plus, entre 2004 et 2006, 40,3 millions de prêts ont été octroyés et 10,3 millions ont été octroyés à des taux d'intérêt élevés. Un grand nombre de prêts à haut taux d'intérêt contractés en 2006, dont le montant a atteint 600 milliards de dollars, verront leur taux d'intérêt progresser fortement en 2008, car le taux d'intérêt étant variable, pour attirer les preneurs de crédits, on a établi le taux des deux premières années à un niveau fixe et modéré, et celui-ci a commencé à augmenter fortement qu'à partir de la troisième année, et en même temps, dans certaines régions des Etats-Unis, la valeur de l'immobilier a baissé de plus de 30% en 2007, et donc la hausse des revenus ne suivant pas le même rythme, il devenait impossible pour les contractants de poursuivre le paiement des traites. Par ailleurs , les sociétés financières ayant octroyé les prêts à long terme, ont cédé en très grande quantité leurs créances aux grandes banques sous formes de titres qui par la suite, ont perdu de la valeur, alors qu'elles empruntaient à court terme. Quand les défauts de paiement se sont accrus, les organismes financiers ont éprouvé d'énormes difficultés à rembourser leurs emprunts à court terme contractés auprès des autres banques. En réaction, ces banques ont naturellement refusé de leur octroyer de nouveaux prêts ou ont exigé des taux d'intérêt beaucoup plus élevés. Les banques qui ont acquis les créances hypothécaires ont engagé des achats hors bilan en passant par des sociétés spécifiques nouvellement créées, nommées " Structured Investment Vehicles" (SIV) dont le rôle était de financer l'achat des créances hypothécaires en vendant des "commercial papers" à d'autres investisseurs. Le profit tiré de cette opération s'obtenait en faisant la différence entre la rémunération qu'elles payaient aux acheteurs de leurs "commercial papers" et celle qu'elles tiraient des crédits hypothécaires à haut rendement transformés en titres "Collateralized Debt Obligations" (CDO)...
Les banques d’affaires ont mis au point les ABS, obligations basées sur les mêmes critères que les MBS (Mortgage Backed Securities qui sont les Obligations Garanties.par Hypothèques) et qui couvrent des prêts dit « Subprime ». Le réservoir d’acheteurs potentiels se tarira face à un renchérissement progressif du crédit et un prix à la construction hors de prix. Le marché commencera à stagner, mais le secteur du crédit tournera encore à plein régime, car les derniers acheteurs continueront à s’endetter sans s’apercevoir que le mécanisme a été grippé (Source : daily-bourse.fr).
Désormais, les CDO’s et autres MBS trouveront moins d’acquéreurs, mais personne ne prend conscience de l’ampleur de la catastrophe qui s'annonce. Pourtant Les indices généraux continueront leur croissance, ponctuée de consolidations plus ou moins marquées (Source : daily-bourse.fr).
En février 2007, un mouvement du Yen donnera une première inflexion baissière sur les indices mondiaux. L’indice du secteur bancaire, le BKX à son tour, un peu moins de 2 ans après l’indice Immo atteindra son maximum. En juillet 2007, la crise des Subprimes éclatera au grand jour, la machine s’enrayera, les liquidités se contracteront et la valeur des obligations liées aux Subprimes (CDO’s, ABS, etc.) s’effondrèrent, plus personne ne veut les acquérir (Source : daily-bourse.fr). Dans un article de Martin Wolf dans le Financial Times du 20 février 2008, ce dernier a relaté que les scénarios du professeur Nouriel Roubini, de l’Université de New York, ont été suffisamment sombres pour provoquer des frissons. Pourtant son opinion mérite d’être prise au sérieux. Il a dans un premier temps prédit que les USA seraient en récession en juillet 2006. Il affirme maintenant qu’existe une « probabilité croissante d’une issue « catastrophique » pour l’économie et la finance. » Les caractéristiques de ce scénario seraient selon lui « un cercle vicieux, où une profonde récession rendrait les pertes financières encore plus sévères, ces pertes énormes et cet effondrement financier rendant à leur tour la récession encore plus grave. » Il a esquissé 12 étapes qui conduisent au désastre financier. En premier, vient la plus grande récession immobilière qu’aient connue les USA. Le prix des biens va chuter de 20 ou 30% en dessous des sommets atteints, ce qui détruira de 4 à 6 000 milliards de patrimoine. Dix millions de foyers se retrouveront avec un « patrimoine négatif », (ndt : endettés pour une valeur supérieure à leur logement), ce qui constitue une incitation majeure pour renvoyer les clés (ndt : à la banque) et aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. De nombreux entrepreneurs immobiliers seront ruinés.
L’étape 2 verrait apparaître de nouvelles pertes, au-delà des estimations actuelles de 250 - 300 milliards, dans les emprunts subprimes. Près de 60% des contrats signés en 2005 et 2007 sont « imprudents ou toxiques » affirme le professeur Roubini. Goldman Sachs estime les pertes sur les emprunts hypothécaires à 400 milliards. Mais si les prix de l’immobilier chutent de plus de 20% elles seront bien plus élevées, ce qui diminuera d’autant la capacité des banques à offrir des crédits.
Ce sont, selon Roubini, les 12 étapes menant au krach. Au total, affirme-t-il, « Les pertes dans le système financier atteindraient plus de 1 000 milliards et la récession économique serait plus profonde, plus durable et sévère. » Pour lui, c’est le « scénario de cauchemar, » qui trouble le sommeil de Bernanke et de ses collègues de la Réserve Fédérale. C’est ce qui explique pourquoi la Fed, qui avait si longtemps sous estimé le danger, a baissé les taux de 2% cette année. Il s’agit de prévenir un krach financier. Dans un article ultérieur, le professeur Roubini donne les 8 raisons pour lesquelles la Fed ne peut pas éviter le danger. L’assouplissement de la politique monétaire américaine est contrarié par les risques encourus par le dollar, ainsi que l’inflation. Une politique agressive d’assouplissement peut combattre l’illiquidité, pas l’insolvabilité. Les assureurs monolines perdront leur notation, ce qui entraînera de sinistres conséquences. Les pertes dans leur ensemble seront trop élevées pour que les fonds d’investissement souverains puissent les assumer. L’action publique est insuffisante pour stabiliser les pertes dans l’immobilier. La Fed ne peut venir en aide au « système financier bis ». Les autorités de régulation ne pourront trouver une voie médiane adaptée entre l’exigence de transparence sur les pertes et celle de non intervention, qui toutes deux sont requises. En dernier lieu, le système financier, structuré autour des transactions, est lui-même en crise profonde. Les risques sont bien sûr élevés, et la capacité des autorités à y faire face bien moindre que ce que la plupart espèrent, les moyens d'y faire face existent, mais sont toxiques. . En dernier ressort, les gouvernements résolvent les crises financières. C’est là une loi d’airain. Les sauvetages peuvent exister, lorsque le gouvernement choisit ouvertement d’assumer la dette douteuse ou l’inflation, ou même les deux. Le Japon a choisi la première solution, au grand regret de son ministre des finances. Mais le Japon est un pays créditeur, où les épargnants ont une confiance totale dans la solvabilité de leur gouvernement. Les USA, au contraire, sont un pays débiteur. Il doit garder la confiance de l’étranger. S’il y échoue, la solution inflationniste devient probable. Voila qui explique suffisamment pourquoi l’once d’or a atteint 920 dollars. (contreinfo.info du 21/02/08). Par ailleurs, dans un article daté du 10 mai 2008, dans contreinfo.info, Paul Jorion, soutient que la crise des subprimes pouvait être évitée, car en 1999, l’Etat de Caroline du Nord avait voté une législation qui - si elle avait été appliquée à l’échelle des États-Unis tout entiers - aurait empêché la crise des subprimes d’avoir lieu. La non extension est due à l'opposition farouche de la Mortgage Bankers Association, l’association professionnelle des organismes de financement de prêts au logement, mais la legislation survécut. Le harcèlement par la Mortgage Bankers Association et d’autres lobbys dans les autres états empêcha que ceux-ci n’adoptent pas le même type de législation. Malgré cela, différents Etats, (30 à la mi-2007) et grandes métropoles (17 à la mi-2007) prirent des mesures sans attendre l'intervention de l'Etat fédéral, dont les régulateurs étaient semble-t-il dans un état comateux, en prenant comme modèle un cadre de réglementation existant : le Home Owner Equity Protection Act (HOEPA), largement inefficace car ne s’appliquant qu’aux cas les plus criants, mais en radicalisant les termes. La plus ancienne de ces mesures avait été prise par l’Etat de Caroline du Nord en 1999, pour éliminer spécifiquement le « prêt rapace » (predatory lending) qui caractérise une portion du secteur subprime. L’Etat de Caroline du Nord reprenait à la nomenclature de HOEPA une catégorie de prêts qualifiés de « prêts à frais élevés » (high cost loans) et appliquait à ces prêts des prohibitions spécifiques. L'interdiction de ces « prêts à frais élevés », concernait : 1) le non amortissement du prêt pendant son existence (que le principal n’ait pas été remboursé dans sa totalité à maturité), en interdisant le prêt « Interest Only » qui permit l’arrivée en masse sur le marché de l’immobilier de ménages qui spéculaient sur le gonflement de la bulle en s’achetant plusieurs habitations ou en s’étant acheté un logement trop vaste en vue de maximiser l’effet de levier qu’autorise l’emprunt ; 2) « amortissement négatif », c’est-à-dire que le paiement mensuel soit moins élevé que les intérêts accrus sur le mois, la différence étant ajoutée au principal encore dû - prohibant donc le prêt « Pay Option ARM » ainsi que le prototype du prêt subprime : le « 2/28 » (deux ans au taux promotionnel, 28 au taux variable « vrai ») ; 3) que le prêt soit accordé sans que soit prise en considération la capacité de l’emprunteur à en assurer le remboursement ; 4) le financement des frais par des tiers, une mesure visant à interdire que le vendeur de la propriété ne prenne à sa charge ces frais, soit en versant la somme à l’emprunteur, soit en la versant à une œuvre charitable qui la transmettrait à son tour à l’emprunteur, stratégie qui équivalait simplement à gonfler artificiellement le prix de l’habitation. 5) enfin, tout ménage contractant l’un de ces « prêts à frais élevés » devrait se faire éclairer par un conseiller accrédité. Des études ont montré que les mesures avaient atteint leur but en augmentant le nombre absolu de prêts légitimes accordés pour l’achat d’une maison tout en décourageant essentiellement les refinancements abusifs ainsi que d’autres pratiques propres aux « prêts rapaces ». Appliquée à l’échelle du pays, cette législation aurait selon l'auteur empêché la bulle de se développer, prévenant la crise des subprimes ainsi que le tarissement du crédit qui lui emboîta le pas. Une anticipation salutaire
Goldman Sachs a anticipé la crise, son cour était un des rares à s'envoler et à résister, mais la pression de la crise a entamé une partie de ses forces initiales. Cependant, Goldman Sachs prévoit plus de dépréciations et de ventes d’actifs au troisième trimestre 2008 et pour le reste de l’année pour les banques Citigroup, JPMorgan, Morgan Stanley, Lehman Brothers et Merrill Lynch. Pour le troisième trimestre, les bénéfices par action des cinq plus grandes banques américaines vont tomber, selon les prévisions de Goldman Sachs. JP Morgan enregistrerait un BPA de 0,40 dollar contre une précédente estimation de 0,64 dollar, ainsi que des dépréciations de 1,6 milliard de dollars, incluant 425 millions de remboursements d’ARS. Morgan Stanley aurait un BPA de 0,85 contre 1,10 dollar et passerait 1,1 milliard de dépréciations dans ses comptes. De son côté, Citigroup enregistrerait un BPA de 0 dollar contre 0,17 initialement prévu. Ses dépréciations s’élèveraient à 4,4 milliards, avec 600 millions de charges pour les ARS. Du côté des pertes, Lehman Brothers serait dans le rouge avec 2,75 dollars par action alors qu’un bénéfice de 0,68 était prévu jusqu’ici. De toutes les banques d’affaires, Merrill Lynch, perçue comme la banque la plus impactée par la crise financière, publierait une perte par action de 4,75 dollars ainsi que des dépréciations de 6,9 milliards de dollars. La perte initiale envisagée était de 4, 40 dollars par titre. Goldman Sachs ne prévoit cependant pas à la baisse ses objectifs de cours sur le court terme pour les banques JPMorgan, Citigroup, Merrill Lynch et Morgan Stanley, à l’exception de Lehman Brothers dont l’objectif a été revu à la baisse à 22 dollars contre 40 initialement (jdf.com du 20/08/08). L'un des fonds spéculatifs de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs a perdu 989 millions de dollars depuis son lancement en janvier 2008, nouveau signe de la crise pour ce type de fonds, rapporte mardi le Financial Times (FT). Le fonds Goldman Sachs Investment Partners, dont le lancement au début de l'année était présenté comme l'un des plus gros dans le secteur, avec 6 milliards de dollars levés, a vu sa valeur réduite de 13% sur le seul troisième trimestre, explique le quotidien financier. Plus de la moitié des pertes enregistrées par Goldman Sachs Investment Partners proviennent de ses investissements dans les matières premières et les métaux, dans l'industrie minière, dans l'énergie et dans les produits agricoles, mais le fonds a également souffert sur le front des obligations convertibles en actions, détaille le FT. D'après la société spécialisée Hedge Fund Research (HFR), le troisième trimestre a été très difficile pour les fonds spéculatifs, dits "hedge funds", qui ont pris de plein fouet le renversement des marchés financiers alors qu'ils avaient pratiqué l'endettement à gros volume pour faire gonfler leurs placements. Le secteur a fondu de plus de 10%, perdant 210 milliards de dollars sur le dernier trimestre. (romandie.com du 04/11/08). Grâce à la clairvoyance et au flair de trois banquiers, Michaël SWENSON, Josh BIRNBAUM et Dan Sparks, qui ont su convaincre leur hiérarchie, la banque d'investissement américain GOLDMAN SACHS (CA net 2007 de 45,99 miiliards de dollars en hausse de 22%) a enregistré un profit annuel de 11,60 milliards de dollars, dont 4 tirés d'un défi audacieux qui consistait à estimer et prévoir une baisse des valeurs mobilières adossées à des prêts immobiliers risqués, selon des informations révélées par le "Wall Street Journal". Cette stratégie anticipative a permis à GOLDMAN SACHS de compenser les pertes de 1,5 à 2 milliards de dollars accumulées sur les créances immobilières (capital.fr du 24/12/2007 et boursorama.com du 27/12/2007, étude du Wall Street Journal du 12-14 octobre 2007). Malgré sa bonne santé financière, Goldman Sachs engage une réduction d'effectifs de 1500 personnes (5%). Bank of America estime tout de même dans une étude datée de vendredi 08/02/08 que Citigroup et Goldman Sachs sont les banques d'investissement américaines les plus exposées au risque de nouvelles dépréciations liées aux prêts à effet de levier au premier trimestre 2008... D'autres traders de DEUTSCH BANK et MORGAN STANLEY ont emprunté la même démarche anticipative, mais leurs établissements respectifs ont sous-estimé l'importance de la crise du marché des "subprimes" (informations du 14/12/2007 trouvées dans boursorama.com et La Tribune.fr)... En pleine crise des subprimes, Lloyds BLANKFEIN PDG de GOLDMAN SACHS qui avait déjà bénéficié d'un bonus de 53,4 millions de dollars en 2006 (libération.fr du 24/12/2007), a reçu une gratification de 68 millions de dollars correspondant à 47 millions d'euros (28,6 millions de dollars en numéraire et 41,1 millions de dollars en actions et autres compensations) ; cette compensation s'ajoute à son salaire de l'année 2007 qui est de 600 000 dollars, soit 418 000 euros (information du 23/12/2007 de La Tribune.fr, fr.news.yahoo.com et boursorama.com)... Au total, les prêts "subprimes" américains atteignent 1200 milliards de dollars (806 milliards d'euros), et les pertes bancaires liées à la crise des crédits hypothécaires sont de l'ordre de 100 à 130 milliards de dollars aux Etats-Unis et 400 milliards de dollars au niveau mondial, selon les analystes de DEUTSCH BANK, et, selon CPR Asset Management, les pertes subprimes globales pour les établissements financiers sont estimées à 211 milliards d'euros sur la base d'anticipation de défauts cumulés (boursorama.com du 24/12/2007 et 09/01/2008, lefigaro.fr du 13/11/2007) et le Washington Times dans son éditorial parle de 500 milliards de dollars (alterinfo.net du 19/12/2007). Les PDG de Morgan Stanley et Bear Stearns ne se sont contentés que de leurs salaires annuels dont les montants sont respectivement 800 000 et 250 000 dollars, mais James Cayne, PDG de Bear Stearns a été contraint à la démission et remplacé par Alan Schwartz, banquier d'investissement et fin stratège dans les opérations de fusions-acquisitions, auparavant c'est Warren Spector adjoint de M. Cayne qui avait perdu son poste pour banqueroute de 2 fonds (selon Wall Street Journal, le Financial Times, marches.lefigaro.fr, lemonde.fr et Capital.fr du 08/01/08), le patron de Merrill Lynch, Stan O'Neal a été poussé vers la sortie fin octobre 2007, remplacé par John THAIN, le Directeur de Bank of America a aussi été évincé, ainsi que Charles Prince, PDG de Citigroup qui a également perdu son poste, remplacé par Vikram Pandit qui devient Chief executive officer et Sir Win Bischoff assumant les fonctions de Chairman, le Directeur Général d'UBS Peter Wuffli a été congédié, remplacé par Marcel ROHNER PDG du groupe, son Président Marcel OSPEL a été remplacé par Jerker Johansson qui prendra ses fonction fin mars 2008, ce dernier a été mis à la tête de la banque de financement et d'investissement et membre du comité exécutif (lemonde.fr du 19/01/08, boursorama.com du 13/02/08)... John Pickett, gérant de ce fonds avait par la suite démissionné et Citigroup a finalement injecté 100 millions de dollars dans CSO en janvier pour essayer de le stabiliser (fr.news.yahoo.com, lemonde.fr du 26/02/08, latribune.fr du 23/02/08). Goldman Sachs vient cette fois, d'annoncer de nouvelles dépréciations liées à la crise des "subprimes", comprises entre un et 12 milliards de dollars, pour chacun des grands courtiers américains au premier trimestre 2008. Citigroup serait semble-t-il le plus touché avec environ 12 milliards de dollars, car la valeur de créances adossées à ce type de produits continuent de baisser. JP Morgan Chase serait touchée à hauteur de 3,4 milliards de dollars, Lehman Brother de 3,5 milliards de dollars, Bear Stearns de 1,4 milliard de dollars. Merrill Lynch et Morgan Stanley seront également touchées. Meredith Whitney, analyste chez Oppenheimer & Co, soutient pour sa part que Citigroup aura des pertes au second trimestre 2008, liées à des créances à risque dans le crédit immobilier, corporate et à la consommation. Elle prévoit pour Citigroup des pertes pouvant atteindre 1,4 milliard de dollars au premier trimestre, soit 28 cents par action. En 2006, Citigroup avait dégagé 5,01 milliards de dollars de bénéfice, soit 1,01 dollar par action. Oppenheimer a également abaissé sa prévision de bénéfice pour Bank of America et Wells Fargo... Les analystes de Goldman Sachs estiment par ailleurs que ses concurrentes vont devoir lever jusqu'à 65 milliards de dollars de capitaux pour pour consolider leurs comptes, afin de faire face à de nouvelles dépréciations, qui vont continuer jusqu'au début de l'année 2009. Ils ajoutent que "les banques ne vont pas commencer à aller mieux avant qu'un pic dans les coûts du crédit soit en vue". Les résultats de Goldman Sachs ont baissé de 11% au deuxième trimestre, mais sont ils sont meilleurs que prévus, à 2,09 milliards de dollars, ou 4,58 dollars par action après dilution, contre 2,33 milliards ou 4,93 dollars un an plus tôt. Goldman Sachs a pris des coups avec 775 millions de dollars (517 millions d'euros) de crédits à risques en portefeuille au deuxième trimestre, dont 500 millions liés aux couvertures. Mais ces 2,09 milliards de dollars de bénéfices ont été supérieurs d'un tiers aux prévisions des analystes et cela même si l'établissement a vendu environ 100 milliards de dollars d'actifs, presqu'autant que Lehman Brothers qui est empêtrée dans des difficultés. Les analystes attendaient en moyenne 3,42 dollars par action, selon Reuters Estimates, après 3,23 dollars au premier trimestre 2008. Le produit net bancaire est ressorti à 9,42 milliards de dollars au deuxième trimestre, contre 8,707 milliards attendus et 10,18 milliards réalisés un an plus tôt. L'activité de "trading and principal investments" a généré 5,59 milliards de dollars de revenus, en baisse de 16% par rapport à la période correspondante de 2007, en progression de 9% par rapport au premier trimestre. Dans la banque d'investissement, les revenus ont baissé de 2% à 1,69 milliard de dollars, mais l'activité dans les fusions/acquisitions a augmenté. Le trading obligataire, habituellement la principale activité de Goldman, a généré 2,38 milliards de dollars, ce qui constitue une chute de 29% par rapport à l'an dernier. Le trading actions est resté presque inchangé avec 2,49 milliards de dollars de revenus. L'exposition de Goldman au financement par LBO a été ramené à 14 milliards de dollars au deuxième trimestre, contre 52 milliards à la fin du troisième trimestre de l'exercice 2007. Le modèle économique de Goldman Sachs est d'avoir des activités suffisamment diversifiées pour pouvoir surmonter les problèmes avec certaines d'entre elles et éviter les pertes autant que possible. Les banques rivales ont du mal à faire la même chose. C'est en partie parce qu'en cherchant la même rentabilité que Goldman, elles ont oublié toute prudence. Merrill Lynch et Citigroup ont laissé grossir leur activité de crédit immobilier sans couvrir les risques, tandis que Morgan Stanley était trop cupide sur les transactions liées aux mêmes crédits immobiliers (latribune.fr, lesechos.fr, usinenouvelle.com, lemonde.fr, du 19/06/08, romandie.com, latribune.fr, easybourse.com du 18/06/08). D'après le Financial Times du 23 juin 2008 sur son site internet, Goldman Sachs, qui a le mieux su gérer la crise du "subprime", va supprimer jusqu'à 10% de ses effectifs, dans sa division de banque d'affaires au cours de l'année 2008. Les premières lettres de licenciement ont été envoyées la semaine du 16 juin 2008. Des suppressions d'emploi qui s'ajoutent aux 5% des effectifs de la banque licenciés chaque année pour des résultats insuffisants. Son rival Citigroup qui a été plombé par des résultats bien moins satisfaisants avec 15 milliards de dollars de pertes au cours de deux derniers trimestres, a également entrepris de réduire ses effectifs dans la banque d'affaires. Citigroup supprimera 10% des effectifs de cette division, qui emploie 65.000 personnes dans le monde, selon le FT et le Wall Street Journal. Citigroup, qui emploie plus de 350.000 personnes dans le monde, avait déjà licencié quelque 9.000 salariés à la fin mars 2008. Mais les nouvelles réductions d'effectifs sont inhabituelles "par leur ampleur et leur sévérité" selon certaines sources proches du dossier. Le Wall Street Journal, souligne que des "desks" de transactions entiers vont être supprimés à New York et dans d'autres villes. Et contrairement aux précédentes vagues de restructuration, la hiérarchie de la banque va être touchée (lexpress.fr, lesechos.fr du 23/06/08). En envisageant de se séparer d'une partie de leurs « deals makers », Goldman et Citi confirment l'hypothèse d'un ralentissement inéluctable et sans doute durable des opérations de fusions-acquisition et des introductions en Bourse. Car la capacité des banques à financer l'économie et donc les rapprochements d'entreprises a été considérablement entamée par la crise. Les banques ont déprécié environ 400 milliards de dollars d'actifs et à peu près 300 milliards d'augmentations de capital, ce qui représente 100 milliards de fonds propres bancaires qui se sont évaporés en un peu plus de neuf mois, soit, selon les estimations, entre 1.600 et 2.400 milliards de dollars de crédit à l'économie mondiale en moins. Parallèlement, la fermeture du marché de la titrisation a obligé les banques à réintégrer dans leur bilan, au moins pour un temps, des créances et des actifs qui avaient vocation à être transférés aux investisseurs (lesechos.fr du 24/06/08).
Le siège de Goldman Sachs, 85 Broad Street, à New York. La première banque d'affaires américaine annonce une chute de 70% de son bénéfice net au troisième trimestre 2008, plombé par la chute des marchés. /Photo prise le 5 mars 2008/REUTERS/Joshua Lott. Goldman Sachs, première banque d'affaires américaine, a annoncé une chute de 70% de son bénéfice net au troisième trimestre, plombé par la chute des marchés. Le bénéfice net s'est établi à 845 millions de dollars ou 1,81 dollar par action pour le trimestre clos le 29 août 2008, contre 2,85 milliards ou 6,13 dollars par action un an plus tôt. Le produit net bancaire a été réduit de moitié pour tomber à 6,04 milliards. Il était de 12,3 milliards de dollars au troisième trimestre 2007. Le bénéfice par action ressort à 1,81 dollar au 3e trimestre, contre 6,13 dollars l'année précédentes, et alors que le marché attendait un chiffre de 1,70 dollar. Malgré ce fort repli, la banque s'en tire bien eu égard à ses homologues américaines. Le produit net bancaire a plongé de 51% à 6,043 milliards de dollars. (lefigaro.fr, lesechos.fr, lepoint.fr du 16/09/08). Est-ce une gratification pour Goldman Sachs ? Selon le Wall Street Journal lundi 21 juillet 2008, afin de répondre aux problèmes liés à la crise bancaire, Ken Wilson, président de la division institutions financières de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs, quittera temporairement la banque pour épauler Henry Paulson, au département du Trésor américain. Son rôle sera de conseiller le secrétaire d'Etat Henry Paulson sur la crise bancaire. Les deux hommes sont proches, ils se connaissent bien et ont déjà eu l'occasion de travailler ensemble puisque le secrétaire d'Etat a passé 32 ans au sein de Goldman Sachs dont il fut le P-DG de 1999 à 2006. Le président américain, Georges W. Bush, a eu un entretien téléphonique avec Ken Wilson afin de lui demander d'aider temporairement son secrétaire d'Etat. Il aidera à trouver des réponses aux problèmes rencontrés actuellement par nombre de banques outre-Atlantique, ainsi que par les deux géants du refinancement hypothécaire, Fannie Mae et Freddie Mac (challenges.fr, agefi.com du 21/07/08). L'anticipation est la capacité inhérente aux humains ou aux autres entités, politiques, militaires, économiques, financières, associatives, gouvernementales, administratives ou non gouvernementales, à déployer dans un laps de temps et le plus rapidement possible des stratégies gagnantes avant les autres. Son effet dépend du temps mis pour agir ou réagir et du degré de justesse de l'orientation stratégique empruntée. Le rôle de l'anticipation est essentiel pour la réalisation des objectifs des organisations, car elle permet de déterminer et de déployer les moyens les plus adaptés pour atteindre ou dépasser les cibles visées en fonction de l'évolution des paramètres environnementaux internes ou externes, sans attendre les effets de l'action ou de la réaction des autres ou de l'environnement extérieur, elle fait prendre une longueur d'avance et installe un écart stratégique entre l'anticipant et le(s) subissant(s). L'anticipant fonde sa conviction après décryptage d'un certain nombre de signaux d'alerte. L'anticipation possède en elle deux parties complémentaires, la partie objective ou réelle qui s'appuie sur des connaissances scientifiques, encore appellée anticipation rationnelle, et la partie subjective ou imaginaire qui repose sur l'intuition, que nous nommons anticipation irrationnelle ou imaginaire. Le degré de rationnalité ou d'irrationnalité dépend des conditionnalités d'existence, de l'inné et de l'acquis, nous développerons amplement cette problématique dans la théorie de la Relativité économique, que nous défendons. L'absence de rationnalité ou d'irrationnalité biaise la qualité de l'anticipation et conduit à des prises de décisions dont le résultat attendu est soit en partie réalisable mais insuffisant, soit erronné ou inexistant. L'absence d'anticipation au sein des entités est une des causes essentielles de la multiplication des problèmes à résoudre et de l'amplification des difficultés à surmonter. Qu'en est-il de nos acteurs financiers ? Quel est l'impact des "subprimes" sur les établissements financiers ? Des expositions, des faillites et des pertes sévères Aux Etats-Unis, 84 sociétés de crédits hypothécaires ont fait faillite ou cessé au moins leur activité depuis le début de l'année 2007, jusqu'au 17 août 2007, alors qu'en 2006, le nombre était de 17. Les grands établissements financiers américains ont passé des provisions exceptionnelles de plus de 100 milliards de dollars depuis le début de la crise et ont levé depuis quelques mois globalement, plus de soixante milliards de dollars (usinenouvelle.com du 16/01/08). D'après la banque BARCLAYS dans une étude publiée le 25/01/08, les grandes banques pourraient avoir besoin de lever 143 milliards de dollars de fonds propres supplémentaires, pour faire face à un scénario incluant des établissements importants de tous les rehausseurs de crédit, et, le montant mondial des dépréciations dépasse 145 milliards de dollars. Depuis le début de la crise, jusqu'en mars 2008, les grandes banques ont eu besoin de 70 milliards de dollars pour renforcer leur capital (boursorama.com du 25/01/08, lesechos.fr du 15/02/08, L'Expansion de mars 2008). Selon une annonce de l'agence américaine Standard & Poor's du 30/01/08, les pertes totales des institutions financières liées aux problèmes du marché du crédit immobilier atteignent le montant de 265 milliards de dollars (aux Etats-Unis ?), elle annonce de déclasser 270 milliards de dollars de titres adossés à des crédits immobiliers américains et le placement de 264 milliards de dollars d'obligations CDO sous surveillance avec implication négative (latribune.fr du 31/01/08). Goldman Sachs évalue à 330 miiliards de dollars les pertes liées au crédit en 2008, qu'il s'agisse du crédit d'immobilier commercial (CRE), du crédit à la consommation, à l'achat de logement, hors subprime, les pertes pour prêts aux entreprises ou des subprimes. Les subprimes à elles seules coûteraient 210 milliards de dollars. D'autres sources poussent le bouchon loin, en parlant de 400 ou 600 milliards de dollars de pertes. Les montants levés par les fonds de capital investissement pour les opérations de LBO en Europe, ont baissé de 50% depuis l'été 2007. Le montant d'exposition garanti par les banques ou les fonds d'investissement spéculatifs (hedge funds) à des credit-default swaps s'élève à 45 000 milliards de dollars. Les sommes que les assureurs d'obligations garantissent représentent actuellement 140 fois leurs fonds propres, la perte totale qui résulterait de leur faillite se chiffre à 820 milliards de dollars (lemonde.fr, marches.lefigaro.fr du 04/02/08)...
Jusqu'à fin avril 2008, UBS a subi 37,4 milliards de dollars de dépréciations d'actifs, suivi de Merill Lynch avec 22,4 milliards, Citigroup 21,1 milliards, HSBC 17.7 milliards, Carlyle group 17 milliards, RBS 11,7 milliards de dollars... Entre 2006 et 2008, la valeur globale des prêts accordés par les banques anglaises a vertigineusement chuté. Résultats des grandes banques internationales en 2007
En 2007, Citigroup a réalisé un produit net bancaire de 81.7 milliards de dollars, un bénéfice net de 3,62 milliards de dollars et a subi des dépréciations d'actifs liées à la crise des subprimes à hauteur de 22,2 milliards de dollars. Merrill Lynch, Barclays et UBS ont réalisé respectivement un chiffre d'affaires de 11,3, 39,7 et 29,3 milliards de dollars ; Merrill Lynch a subi des pertes de 7,8 milliards d |